Les nouveaux burgers végétariens ratent notre test de goût

Le Beyond Burger et l’Incredible Burger promettent la révolution du palais pour les flexitariens. Hélas, ils échouent à imiter parfaitement la viande. Et à nous donner l’eau à la bouche.

Depuis ce printemps, ils fleurissent, à grand renfort de marketing, dans les rayons des supermarchés et sur les grils des barbecues. Ils s’appellent Incredible Burger (de la marque Garden Gourmet de Nestlé, en vente dans la plupart des grandes surfaces) et Beyond Burger (de Beyond Meat, en exclusivité chez Delhaize et Albert Heijn). Ce sont des steaks hachés 100 % végétaux de nouvelle génération qui prétendent imiter au plus près les patties (« les galettes ») de bœuf : même couleur, même saignement à la cuisson et à la découpe, même grésillement dans la poêle, même croûte brune en surface et chaire rosée à l’intérieur, même texture et goût approchant.

Le public cible de ces substituts issus de la foodtech et de ses millions de dollars en recherche et développement, ce sont moins les végétariens et les vegans que les flexitariens, ces consommateurs, de plus en plus nombreux, qui décident de manger moins de viande pour préserver leur santé et la planète, sans renoncer à la saveur de la bidoche.

Pari réussi ? Nous avons voulu en avoir le cœur et le palais nets en dégustant les deux nouveautés, lors d’un repas en duo. Certes, bien protégés dans leur ravier, le Beyond et l’Incredible burger ressemblent à de la viande. Cela dit, extraits de leur barquette, ils évoquent plutôt de l’américain préparé. Mais dès le film plastique percé, c’est une autre caractéristique qui saute aux yeux… ou plutôt au nez. L’odeur de ces patties n’a rien du bœuf haché. Entre vinaigre et sauce soja (le Beyond Burger n’en contient pourtant pas) très prononcés, elle n’est guère engageante. Le lendemain de notre essai gustatif, nous en avons eu la confirmation en présentant les deux barquettes ouvertes, directement sorties du frigo, sous les narines d’une dizaine de collègues. Verdict : pour la plupart, ils avaient la mine dégoûtée.


Un goût improbable

Retour à notre test en cuisine, en suivant scrupuleusement les instructions de préparation. Dans une poêle légèrement huilée, l’Incredible comme le Beyond grésillent rapidement et dégagent du simili sang (merci le jus de betterave). Amusant. Hélas, le jus de cuisson de l’Incredible brunit très vite, laissant craindre un fond de poêle carbonisé. Le Beyond, lui, adhère rapidement au revêtement. Sa couche supérieure a même tendance à se désagréger et à coller aux spatules lorsqu’on change le burger de côté. Une cuisson maladroite ? Peut-être…

Place au verdict de l’assiette par les deux testeurs d’un soir, l’un amateur de viande, l’autre flexitarienne. Comment décrire le goût de ces burgers super-innovants ? Ni l’un ni l’autre ne nous ont évoqué le goût de la viande, pas même la texture en bouche. Abstraction faite de la référence carnée, ils ne nous ont rien inspirés de connu dans notre vécu gustatif (à la rigueur du korn fumé pour le Beyond). Et encore moins de l’appétit. Il nous a été pénible – voire impossible – de terminer l’Incredible. Le Beyond, mieux toléré par nos papilles, a quand même filé en bonne partie à la poubelle, avec notre moue réprobatrice. Le repas s’est achevé avec un steak haché de bœuf.

Evidemment, ce test reste purement subjectif. Et à en croire les producteurs et les distributeurs de ces produits, le Beyond et l’Incredible Burger cartonnent, notamment parce qu’ils sont pratiques et qu’ils constituent une aide à la transition pour celles et ceux qui souhaitent diminuer significativement leur consommation de viande. Reste à voir si c’est vraiment tout profit pour la santé. « Ce sont des produits ultra-transformés qui évoquent Tricatel (l’atroce usine dans le fameux film l’Aile ou la cuisse avec Louis De Funès – NDLR) dans leur volonté de mimer la viande, » juge Stéphanie Bonnewyn, diététicienne chez Test Achats. « Nutritionnellement, ils n’ont rien de révolutionnaires par rapport aux burgers végétariens classiques. Ils contiennent eux aussi des additifs comme de l’acide ascorbique (E300) et de la gomme arabique (E414). Ils ne sont pas spécialement bons pour la santé, même si je ne déconseille pas leur consommation occasionnelle. »

La meilleure voie pour les flexitariens semble donc de privilégier des alternatives à la viande plus classiques et moins transformées, comme les œufs, le fromage ou le poisson. Et de se mettre à préparer ses propres burgers végétariens, avec des haricots et des pois.

Source: Le Soir

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*