Une charte pour promouvoir la viande bovine belge

Pour mettre davantage en valeur les viandes bovines produites en Belgique et les promouvoir dans le secteur Horeca, Denis Ducarme (MR) lancait le vendredi 19 avril une « Charte pour la promotion de la viande bovine belge ».

La Belgique produit des viandes bovines de races et goûts différents : Blanc-Bleu-Belge, Aberdeen Angus, Charolais, Limousin… Les races produites chez nous sont cependant restées longtemps dans l’ombre des viandes bovines étrangères, qui jouissent d’une meilleure réputation. Une étude du SPF Économie sur la filière viande bovine a démontré un problème de compétitivité de ce secteur et l’urgence de prendre des mesures en faveur des producteurs belges.

De fortes pertes

Il faut dire que la situation économique de ces derniers ne cesse de se détériorer. En 6 ans, le secteur a subi une perte en moyenne de 60 cent par kg-carcasse et environ 250 euros par bête pour les femelles. L’écart entre les prix à la production et les prix à la consommation a, lui, continué de croître. Les éleveurs se réorientent donc, réduisant petit à petit le nombre de bovins présents sur nos terres. En Wallonie, la perte s’est élevée à 23,3 % entre 1990 et 2016.

Face à cette situation, le ministre fédéral de l’Agriculture Denis Ducarme a souhaité élaborer, en concertation avec les fédérations professionnelles du secteur Horeca, une charte visant la promotion de la viande bovine d’origine belge.

Les restaurateurs seront invités à y adhérer via leurs fédérations professionnelles. Ils s’engageront ainsi à faire la promotion des viandes bovines d’origine belge au niveau de leur carte. Un logo va d’ailleurs faire son apparition sur la devanture des signataires. Cela permettra au consommateur d’être davantage sensibilisé et informé quant à l’offre existante en matière de viande bovine d’origine belge.

Divers engagements

Par cette charte, les éleveurs s’engageront à raconter l’histoire de l’animal et garantir sa traçabilité, à l’élever dans le respect de son bien-être et de l’environnement, à le nourrir avec une alimentation saine et durable, produite à l’échelle locale et à appliquer des consignes d’élevage qui garantissent une sécurité alimentaire optimale au consommateur. L’abattoir devra, lui, tout mettre en œuvre pour veiller au bien-être de l’animal, ainsi que garantir la traçabilité et la qualité du suivi de la carcasse. Enfin, le secteur Horeca accepte, en signant le document, d’organiser des formations en la matière, d’assurer la promotion des viandes bovines élevées en Belgique et de présenter au consommateur des morceaux moins connus de ces viandes.

La charte va donc bien plus loin que le simple effet de promotion. « C’est aussi un signal clair en faveur d’une dynamique locale et durable, susceptible de stimuler et de redynamiser tout le secteur de la viande belge. L’ensemble du secteur est soumis à des normes environnementales, de bien-être animal, sanitaires, sociales, souvent supérieures aux normes en vigueur pour les viandes importées », souligne Denis Ducarme à l’initiative du projet

«14€/kg pour une telle qualité, c’est rien!»

Durant deux heures dans « Le bistro de Jean-Phi » à Mons, le ministre Ducarme et Jean-Philippe Watteyne (Top Chef) ont échangé sur la qualité de la viande belge. Le secteur a notamment souffert de l’affaire Veviba. Nous devons aujourd’hui montrer que notre viande est un produit de qualité et qu’elle a tout pour être aimée. Il faut aussi mettre en avant les grosses difficultés financières auxquelles font face les éleveurs de bovin. D’où la création de cette charte qui a nécessité plus d’un an de travail », affirme l’homme politique qui a laissé tomber la cravate pour cuisiner avec le chef montois.

Des propos que ce dernier confirme : « J’ai acheté ce filet limousin 14 euros du kilo. Pour une telle qualité, ce n’est rien du tout ». La viande qu’il sert dans ses établissements (Le bistro de Jean-Phi, ICook et 1040 qui ouvrira le 15 mai à Bruxelles) est notamment originaire de Ciney.

« Mes viandes belges plaisent énormément et on a des clients réguliers qui viennent juste pour ça ». « Pourtant », répond Denis Ducarme, « je connais un restaurateur qui n’ose pas dire que c’est du Blanc-Bleu-Belge dans ses assiettes. Il préfère dire que la viande vient d’Argentine car elle a meilleure réputation. Tout le monde vient pourtant pour elle ».

« Avec la charte », continue-t-il, « Nous voulons aussi nous assurer du bien-être animal et mettre en évidence les circuits courts qui réduisent l’empreinte carbone et assurent un revenu aux travailleurs belges ».

« Il faut aussi dire que manger local coûte moins cher ! », souligne Jean-Philippe. « Mais, cette charte ne met pas en évidence que le travail de nos éleveurs. Il y a également celui des restaurateurs qui font, à mon sens, de l’artisanat. Un secteur en crise. J’en connais qui servent des plats à la truffe mais qui mangent des pâtes », conclut le ministre.

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